Pêche au toc

Une idée, un fantasme, une réalité

Octobre sonne le clap de fin de chaque saison chez nous, si l’on m’avait dit que cette année je pêcherais ses dix derniers jours  exclusivement en sèche, je ne l’aurai pas cru une seconde. Il faut bien reconnaitre qu’après un printemps très pluvieux et des rivières en étiage sévère depuis début Juillet, des insectes qui n’étaient  pas à la fête. On aurait pu imaginer une fin de saison des plus difficiles. En septembre, les niveaux d’eau étaient au plus bas pour l’époque mais la température de l’eau était excellente et les truites avaient un taux de graciation exceptionnel. Certain cours d’eau était quand même en souffrance comme la Fillière, les Usses ou encore la Menoge, le type de rivière que je me défends de pêcher à cette période, préférant laisser les poissons tranquilles.

Je passe donc ces dix derniers jours, sur deux rivières Alpines, l’une située en montagne où les veines d’eau sont encore bien oxygénées et l’autre en plaine sur des secteurs bien défini. Au vue des niveaux bas, la sèche était la technique reine pour traquer ces derniers poissons de l’année, fallait-il encore que les coquines dédaignent  sortir, ce fût au-delà de mes espérances. 

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A part quelques sorties sans gobages où je pêcherai l’eau en sèche avec succès, le reste du temps se sera de la pêche à vue, accompagnés d’éclosions massive d’éphéméroptères. Une pêche en sèche qui ressemble au coup du soir que l’on peut faire l’été, des micros insectes accompagnés de minuscules gobages que beaucoup de moucheurs ne perçoivent pas. Des coups que j’adore, qui requièrent un bon placement par rapport au poisson, un posé et une dérive irréprochable, mais aussi un bon timing au moment du ferrage puisque le poisson vient cueillir la mouche en douceur dans la pellicule, on atteint pour moi la quintessence de la pêche à la mouche, chez nous. 

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Un vrai régal de pouvoir toucher ce genre de poisson en sèche

/.J'adore ces ambiances de fin de saison, la plupart du temps à cette période j'arrête de pêcher sur les coups de 17h, c'est le moment où l'activité se termine. Cette année coup du soir jusqu'à 18h30, un luxe

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Après ces belles sorties, voilà qu’arrive cette foutu fermeture, je décide de la faire le samedi et de me garder le dimanche en famille, où il y aura trop de monde au bord de l’eau à mon goût. J’arrive sur ma première rivière de la journée, pas un seul pêcheur à l’horizon, bizarre. Je comprends très vite que comme les jours suivants les poissons ne répondrons pas à mes nymphes, les belles auront le bec au vent toute la journée, dingue. Après une vingtaine de poissons, il est temps de redescendre dans la vallée, les pêcheurs commencent à pointer le bout de leur nez.

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Je suis addicte de ces adipeuses

/La couleur des arbres me rappelle que je ne suis pas au printemps, mais bien en fin de saison

Me voilà arrivé sur le dernier spot de la saison, je commence comme j’en ai l’habitude à monter la canne au bord de l’eau tout en scrutant la moindre activité en surface. J’aperçois d’entrer une  brisure sur l’eau pleine aval, puis une deuxième, à chaque passage de la soie dans les anneaux s’additionne un gobage, une fois la canne montée c’est une avalanche de spents (insecte mort dérivant sur l'eau les ailes à plat) qui s’agglutinent en fin de radier ou une dizaine de poissons les attendent, gueule grande ouverte. Le genre de moment magique qui demande à gérer son impatience, comprendre la fréquence de gobages et être capable de choisir le bon poisson. Pas évident puisque je suis dans l’impossibilité d’attaquer les poissons par derrière, je dois me résoudre à pêcher pleine aval à 20 mètres. Je comprends assez vite qu’elles montent sur des Heptageniidaes, j’avais aperçu aussi un ou deux Trichoptères qui dansaient sur la berge dans face. Quand il y a beaucoup de poisson à table, je monte souvent une imitation plus grosse en taille qui n’a rien avoir avec ce qu’elles gobent sur le moment, ça permet de faire la différence. Je monte donc un sedge en CDC et me reste plus qu’à choisir un poisson placé, de belle taille, pas évident vu que j’ai le soleil de face. Après un lancer pour appréhender la distance, le second sera le bon, ma mouche sera aspirée tout en douceur, comme le ferrage. 

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Un joli poisson de fermeture

/Les Heptas et autres Trichos étaient à la fête

Je fais encore quelques poissons de plus petite taille, j’en loupe aussi. Je fini sur un coup du soir où je me casse les dents, sans trouver le moyen de faire monter un poisson. Je reste quelques minutes sans pêcher pour m’imprégner une dernière fois de l’ambiance de la rivière, la saison est TERMINEE.

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C’est ce que  je croyais. C’était sans compter sur ma petite  femme qui le dimanche matin me fila des coups pieds au cul pour que je profite des dernières heures de la saison, je dois avouer que je ne me suis pas trop fait prier pour remettre les waders dans la voiture. Arrivé sur le premier spot, je comprends très vite qu’il ne se passera rien,  je remonte en voiture, ne  me reste plus que trois heures. J’arrive sur un secteur où j’ai beaucoup bourlingué cette année, comme la veille les poissons sont actifs en surface. Je rentre quelques petits poissons toujours en sèche, je prends surtout énormément de refus sur mes dérives. Il est 17h30, me reste plus qu’un poste sympa à faire, je pêche contentieusement la veine courante en sèche qui vient lécher une falaise, rien de rien, après dix jours en sèche,  je me résous finalement à enfiler une nymphe au bout de ma pointe en 12ct. Je réitère mes dérives  à l’endroit où ma sèche est passée, toujours rien. J’envoie alors ma nymphe de l’autre côté du courant, sur ce que j’appelle un coup mort. Un endroit qui pue le Fish à plein nez,  j’ai dû y passer une centaine de fois ces dernières années sans toucher la moindre écaille. Pour la énième fois de la saison ma nymphe arrive devant l’entrée de la cavité, sur une touche anodine, ma canne se met en U, je me fais aussitôt chahuter comme dans une machine à laver. Je la bride tout le long du combat, ce que je ne fais rarement sur les gros poissons où l’anticipation est primordiale. Mais là je n’ai pas le choix vu qu’elle n’a qu’une envie, rejoindre sa tanière où mon nylon ne survivra pas. Après une sérénade de quelques secondes, qui pour moi deviennent une éternité, j’entrevois enfin son museau qui vient s’accoupler à mon épuisette, s’ensuit alors un cri de soulagement qui fait écho dans la vallée une dernière fois. 

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Ma canne a été fabuleuse, sans elle je ne serai jamais venu à bout de cette caudale

/Ma dernière gueule de la saison/Comme dans un rêve

C’était ma dernière dérive de la saison, qui me donne un de mes plus beaux poissons de l’année sur ma rivière, un coup de ligne que j’ai rêvé des milliers de fois, aujourd’hui c’est juste réel. Et dire que je ne voulais pas allez à la pêche, je dois ce poisson à une seule personne, ma femme, comme quoi parfois faut les écouter.

J’ai passé beaucoup d’autres bons moments cette année, notamment avec les potes que je remercie pour tout ce que vous m’avez apporté, une pensée toute particulière à Tof et Michel, d’autres que j’ai très  peu vue cette année avec beaucoup de regret (hein mon Mig)  se sera à corriger pour l’année prochaine, je l’espère de tout cœur l’ami…

Je n’oublie pas non  plus les belles rencontres que j’ai pu faire, une pensée à François le Creusois, à Dom le globe-trotter, à Seb le roi de la lunette en Ebène, sans oublier Romain le Charentais (Bozel c’est à droite !!), vous m’avez régalé les gars. Sans oublier mes deux princesses à qui je prends beaucoup de temps de Mars à Octobre, un grand merci pour votre patience, je vous aime. 

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Vivement la saison prochaine pour partager de nouvelles passes d'arme, Arvi'pa

 

 

Les rivières acariâtres du début de saison

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Première adipeuse de la saison sur le Fier

Un début humide, voir catastrophique sur le plan pêche et oui déjà trois mois que la saison en première catégorie a commencé. Entre neige tardive (23 Mai à 1300 mètres), pluie et fonte interminable, le début de cette saison se résume à une grosse et longue agonie pour le pêcheur à la mouche qui attend que les rivières deviennent à peu près praticables. Je dois reconnaitre que les pêcheurs au fouet par chez moi qui pêche de Mars à Octobre à la mouche deviennent aussi rare que l’activité de surface. Après trois années de suite sans avoir un vrai mois de Mai digne de ce nom, je comprends que certains changent de technique, voir migrent sur d’autres départements limitrophes comme le Jura. De mon côté, j’ai l’avantage de bien connaitre de nombreuses rivières qui me font rêver, de ce fait je ne peux me résigner à laisser mon fouet à la maison. Je dois aussi avouer que j’adore ces conditions difficiles où chaque sortie réserve de bonnes surprises à celui qui se donne le droit de croire à ses rêves, en voici quelques uns depuis l’ouverture du bal Mars: 

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Lueur du jour sur une belle rivière du coin

;Après un nombre incalculable de gros poissons décrochés notamment une +60, enfin un premier beau poisson sur la Fillière

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;Si l' eau de neige n'est pas bonne pour la pêche, ce n'est pas le cas pour la photo

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 "Il est 19h, j'attaque à l'ombre une veine à 15 mètres en nymphe, l'eau de fonte gonfle la rivière. Une seule dérive décidera cette belle Autochtone du Fier, le combat dans le bouillon pleine aval restera un souvenir magique, comme la robe de la truite. Comme souvent un beau poisson arrive au moment où tu t'y attend le moins" 

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HPas de manque d'eau en ce début de saison, une bonne chose pour les rivières et pour la prise de photo, plus compliqué pour la pêche

.La reine du début d'année la Brune de Mars (March Brown), beaucoup d'insectes ces trois premiers mois, c'est un peu le paradoxe au vue des niveaux d'eau qui resteront hauts et qui empêchent l'activitée de surface

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Une des rares truites prise en sèche en ce début saison

. Après les dégâts engendrés par la crue dans la vallée de Montremont (09/09/2014) et la grosse crue vicennale (01/05/2015), le secteur de la plaine d'Alex sur le Fier a énormément souffert.Un très beau spécimen de barbeau, un poisson puissant qui procure des sensations folles avec une canne à mouche

."Dans une cassure après un fort courant je décroche deux poissons, au bout de trois heures de pêche je redescends sur la cassure retenter ma chance. Comme quoi il faut toujours y croire"

/Une sortie difficile sur la Menoge avec Mig, grace à un nouveau modèle de nymphe je me sors d'une bredouille certaine

/Un après-midi où les conditions semblaient bonnes, pourtant je toucherais qu'un seul poisson. Le nombre important de crue on permis aux truites de se gaver, du coup les poissons sortent très peu

//J'ai rarement vu un taux de graciation aussi élevé à cette époque, certains poissons deviennent difformes comme cette truite du Nom

;Arvi'pa pour de nouvelles aventures dans la Yaute

 

Jérôme découvre le Toc à la Nymphe

Je reçois énormément de messages de pêcheurs, qui s’interrogent sur cette technique, nouvelle pour beaucoup. J’essaie toujours de répondre au mieux, à toutes les questions posées, même si ce n’est pas toujours évident, c’est plus simple d’expliquer la bonne dérive au bord de l’eau que devant un écran d’ordinateur. Je rencontre pas mal de pêcheurs chaque saison, pour leur montrer cette technique, très efficace.

C’est donc comme ça que j’ai fais la rencontre de Jérôme, pêcheur à la mouche et au leurre confirmé, qui se posait beaucoup de questions sur cette pêche, j’ai alors organisé un petit après-midi pour lui. Pour lui donner des réponses à ses questions et aussi lui permettre d’être autonome avec cette technique. Il se posait aussi une autre question, comment j’arrivais à prendre des barbeaux juste en bas de chez lui, alors qu’il n’en avait jamais aperçu. La rencontre se fis donc au pied de sa terrasse, avec pour objectif lui faire prendre un barbus au Toc en nymphe. Les premières minutes sont consacrées à l’aspect du montage, choix du nylon, canne, moulinet, potence, nymphe à utilisés. Les questions fusent : « Pourquoi tu n’utilises pas de plombs, quel indicateur de ligne utilises-tu… »

Ensuite on passe à la partie dérive, je lui montre les différentes possibilités, la tenue de la canne…

Je le laisse se faire la main avec ma canne sur un petit lisse en contre bas. Puis je lui dis qu’on va passer aux choses sérieuses. Les barbeaux sont ici, entre le bloc et la veine d’eau, je le sens très sceptique à ce moment là. Je lui reprends la canne et lui montre la bonne dérive à effectuer. S’ensuit un ferrage, je lui passe alors la canne. Je le sens un peu perdu avec cette nouvelle canne plus longue et se bougre de barbeau  lui fait la misère. Je lui reprends la canne pour lui rectifier la tenue du poisson, mais il se décroche. Arrfff !!!

On débriefe le coup de ligne, il est très étonné car il n’a pas du tout vu la touche. Je recommence alors, dérive, ferrage, je lui repasse la canne et le laisse se débrouiller, malheureusement le poisson se décroche de nouveau. Je le laisse alors faire les dérives lui-même, après quelques minutes, ferrage, bagarre de fou, épuisage d’un joli barbeau. Je le sens très heureux, il est surpris par le flux d’émotions que se poisson lui à procuré avec cette technique. Il devient alors plus a l’aise, après quelques décrochés, il enchaine les poissons avec beaucoup de facilité et de plaisir.

.Pliage de carbone

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Un pêcheur heureux

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On essaiera aussi de faire sortir Dame Fario, mais elle n’a pas voulu jouer avec nous cet après-midi là. Il y a aussi eu cette touche rocambolesque, où Jérôme casse sur un poisson quelques minutes avant, le barbeau part avec tout, rigoletto, nymphe. Je reprends alors la canne et sur une touche bizarre, je ferre. Je me rends contre très vite que je n’ai pas ferré le poisson mais mon rigoletto de tout à l’heure. Avec la main je récupère le nylon et le poisson se décroche, mais cette fois sans nymphe et rigoletto. Un fou rire s’ensuit avec Jérôme, sur ce coup de ligne improbable.

.Un petit barbus pour moi en fin de journée

La nuit tombe, sur une belle rencontre avec un mec vraiment gentil et une très bonne mentalité, on projette déjà de faire une autre sortie ensemble. Affaire à suivre !!!

 

 

 

 

Emotions de Mars

Enfin le début d’une nouvelle saison, j’en avais vraiment besoin, quel plaisir de retrouver la rivière. Cette année pas d’article sur l’ouverture, même si je l’ai fait (faut pas déconner quand même), avec deux poissons à la clef en ruisseau. Puis quelques sorties plus où moins réussi, dont ma première Dame en sèche sur le Fier, toujours un moment particulier de la saison pour moi.

Mais ma plus belle journée aura été ce Dimanche 2 Mars où je suis devenu papa pour la première fois, quel bonheur !!!

Comme vous pouvez l’imaginer en ce moment, je suis plus dans les couches et les biberons (Hein Brice F… tu m’avais prévenu pour tant), que dans le montage de mouches ou la traque de Dame Fario. J’arrive quand même à m’octroyer quelques heures de pêche, j’ai la chance d’avoir une femme en Or.

Je planifie donc une petite sortie sur les Usses, après une journée de boulot bien remplie. Je choisi cette rivière, car les niveaux d’eau étaient très bon et que la température de l’eau est plus élevée en début de saison que sur d’autres rivières. J’ai une attache particulière avec ce cours d’eau, puisque c’est à ces côtés que j’ai vécu mes premières émotions au bord de l’eau, il y à déjà vingt ans. J’ai donc deux heures devant moi pour me faire plaisir, dans ces cas là où j’ai très peu de temps, je vais à l’essentiel. Je choisi de pêcher au toc en nymphe vue la pauvreté des éclosions cet après midi là, je sélectionne les veines d’eau déjà dans ma tête, avant d’arriver au bord de l’eau, d’où l’importance de bien connaitre les secteurs de la rivière que l’on va  pêcher. Je commence à pêcher une veine sur une bordure ça sent la blanchaille. Ca manque pas, je taperais 2 beaux barbeaux, pliage de carbone assuré, j’adore ce poisson..

Des barbeaux bien gras pour ce début de saison.

J'adore ce poisson, que je trouve très beau, qui procure toujours de beaux combats

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Puis je pars sur des veines d’eau plus propice à Dame Fario, même si je n’y crois pas trop vu la densité en baisse sur cette rivière depuis plusieurs années, ça va être dur. Mais y a des jours où tu sens la pêche, c’est comme ça. Tu choisis les bonnes mouches, tu fais de belles dérives, tu t’accroche pas comme une grosse merde sur le fond et surtout la chance te sourie. Verdict deux  truites, dont une belle. Arrff !!! Ca fait vraiment plaisir de toucher un poisson comme ça sur les Usses. C’est la preuve, que la vie est toujours présente sur cette belle rivière, qui a tellement subi de déboires..

Une seule dérive aura suffi pour faire sortir cette belle, sur ma nymphe

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Une belle autochtones, avec une robe étonnante pour cette rivière

Au final j’ai passé deux heures, avec le bruit de la rivière, une lumière fantastique sur l’eau, le Loxus qui siffle, le carbone qui plie, du mucus plein les mains =  Beaucoup de plaisir !!!!

Sans oublier une des premières belles rencontres de l’année au bord de l’eau. Manu, que j’ai rencontré en sortant de la voiture, une personne très sympa, simple comme j’aime. On n’a malheureusement pas pu trop discuter, mais j’ai senti sa passion dans ces yeux. Avec un petit message sur mon site, que j’ai trouvé en rentrant qui m’a fait très, très plaisir !!! Manu ne t’inquiète pas, on va se revoir, avec grand plaisir.

Ps : Jérôme la prochaine fois, que je vais sous le pont je t’appel pour l’apéro !!!!

Arvi'pa !!!

 

 

 

 

Rencontre avec Steve et son paradis

Enfin la rencontre avec Steve et son paradis, j’avais hâte, tellement hâte que je n’ai pas trouvé le sommeil de la nuit. La journée s’annonçait longue !!! Départ à 5 heures pour le pays du Gruyère. Je le récupère à la gare, où je trouve un mec avec une grande gentillesse et très simple comme j’aime, qui te met à l’aise d’entré. Direction la rivière, la journée s’annonce chaude donc le coup du matin sera important, même si on fera du fish toute la journée, au toc en nymphe.

Arrivé au bord de l’eau, je découvre une petite rivière tout simplement magnifique, le niveau d’eau est bon, y a plus cas. Steve me montre les bonnes veines d’eau à prospecter et me laisse les meilleurs postes. Il ouvre le bal avec des ombres et je fais de même après avoir trouvé la bonne nymphe. Je comprends assez vite que le coco est là pour moi, il n’y aura pas de compétition, que du plaisir et surtout du partage. Le mot partage est un peu faible pour ce mec au grand cœur. Pour exemple ce poste magnifique qu’il me laisse pêcher :

- Oh steve tu ne pêche pas là ?

- Nan coco, je te laisse y a du gros fish là, aller fais moi une belle plaque.

Première dérive, pendu, la plaque est au bout, un beau thymallus qui se bagarre comme un beau diable. Steve est encore plus content que moi, je comprends à ce moment là, que je vais me régaler toute la journée. Pour me remettre de mes émotions il me propose une petite pause, avec bière écossaise au programme, il est 9h30 !!!

.Première plaque de la journée

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Le p'tit déj!!!

On enchaine Ombres et truites toute la matinée, avec des beaux poissons et quelques décrochés. Steve enrage après une truite de +50 qui lui donne du file à retordre, il se consolera avec un superbe ombre. Il a du niveau le coco, ses dérives au cadre sont fatales.

....Une belle plaque

Il est l’heure du casse-croute, au menu, des produits de la Yaute que j’avais ramené, encore du partage et beaucoup de fous rires.

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Après cette petite pause frugale, on pêchera un secteur plus ombragé pour se protéger de cette chaleur étouffante, la rivière est toujours aussi belle, même s’il faudra slalomer entre les baigneurs qui enragent le steve. Comme pour le matin, il me fera découvrir les meilleurs spots du secteur qu’il connait comme ca poche, les beaux fishs s’enchainent tout l’après-midi. Comme le matin, je suis assez surpris par la densité et la taille des poissons, même s’ils ne sont pas pour autant facile à leurrer. Steve m’expliquera que son paradis a subi plusieurs micros pollutions ses dernières années et que la rivière s’en remet tout juste. En fin d’après midi, il me propose un petit coup du soir sur un pool, vu l’heure on file boire quelques bières au bistro en attendant…

Le pool est magnifique, un peu déçu car je ne trouverais jamais la pêche même si je décrocherais deux poissons, ce sera une grosse bredouille pour moi. Le coco par contre enchainera les grosses plaques pendant une heure, une belle démonstration de pêche au cadre. Je me consolerai avec quelques truites plus en aval.

..Une beauté de cette belle rivière

.Une superbe truite prise par steve

...Le coco en pleine action

La journée se termine après 13 heures de pêche, je suis lessivé. Je ramène steve, qui m’offrira un beau cadeau, mon premier cadre encore une preuve de sa générosité. Au final, ça restera une journée gravée dans ma vie de pêcheur où j’aurai découvert une magnifique rivière, un petit joyau à protéger. Mais surtout une belle personne que je qualifierai en trois mots, partage, générosité et simplicité. Des choses de plus en plus rares dans le monde de la pêche.

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MERCI A TOI COCO

 

 

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Interview de "STEVE GALLI" pêcheur au cadre genevois.

GENEVA STREET FISHINGPour cette seconde interview, j’ai décidé d’aller de l’autre côté de la frontière, en Suisse, pour vous faire découvrir un pêcheur Genevois, Steve. Comme la majorité des pêcheurs du coin, il pratique avec passion la pêche au cadre, une technique originaire de Suisse. Lui et d’autres pêcheurs comme F. Zanella, ont modernisé cette technique, qui aujourd’hui commence à se développer en France. Je vous laisse faire connaissance avec ce passionné au grand coeur.

Salut Steve, peux-tu nous faire une petite présentation?

Steve Galli 41ans , je pêche depuis l'âge de 5 ans et je me suis spécialisé au cadre (vairon-mort/ "dandi") ainsi qu'au"toc"canne/cadre. Je pratique également la pêche aux leurres durs et souples à la recherche de messire esox en "baitcast" (casting) sur le Léman. Une de mes facultés les plus développées, est la transmission de mon savoir aux novices concilliants.

.Les cadres maison en mode vairon mort/dandi

Comment t’es venu cette passion pour la pêche?

C'est mon grand-père maternel, écossais, qui m'a mit le pied à l'étrier alors que je n'avais que 5 ans, en ce temps-là (1976-1980) il pêchait à la mouche avec une canne en bambou de quasi 5 m de long !
Je l'accompagnais tous les jours au bord du "dam" terme anglais désignant une retenue d'eau. J'ai pris mes premières truites et saumons dans ce lieu magique, qui se trouvait en pleine forêt et à 10 min à pied de notre maison. Je l'ai toujours observé, ce qui plus tard m'a été d'un grand secours dans la "lecture" des veines d'eau.

.La rivière d'enfance à Steve, il y a pire pour débuter

Alors moi, je t’ai découvert il y a quelques années sur internet grâce à une photo où l’on te voit avec une truite extraordinaire, peux-tu nous raconter la prise de ce poisson?

Alors c'était le mercredi 27 octobre 2010 (le Rhône genevois fermait le dernier dimanche d'octobre à l'époque et fin novembre actuellement).
L'eau était laiteuse après trois jours de bise soutenue, donc des conditions optimales pour la migration des truites lacustres. J'étais absolument seul le long des berges du Rhône urbain genevois et venait de faire la "descente" depuis le pont sous-terre à la pointe de la Jonction au vairon-mort ( monture bohémienne) mais sans succès...
En remontant le même secteur, j'opte pour une autre technique qui se nomme "le vif-tournant" et décide de peigner avec insistance les bordures quand soudain, j'aperçois une énorme masse sombre monter vers la surface, dans l'excitation je redescends mon montage et un arrêt brutal sur ce dernier suivi d'un ferrage appuyé viennent me confirmer que la belle est piquée !!! Durant une bonne quinzaine de minutes, elle va sonder rageusement mais mon 20 centièmes fait le travail. Comme précité plus haut, je suis seul avec moi-même et mes émotions, donc va falloir tout gérer...
La mise à l'épuisette sera rocambolesque car une barrière surplombe l'eau, donc canne/cadre dans une main et épuisette dans l'autre, par deux fois elle me faussera compagnie jusqu'à ce que finalement je réussisse à la faire "rentrer". Je tremble de partout, ce splendide poisson est au sec et arbore la plus belle robe qui m'ai été donné d'admirer! Un poisson majestueux qui accusera 75,5 cm pour 4,775 kgs.

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La truite magique à Steve, une robe fabuleuse


Ta technique de prédilection est la pêche au cadre, peux-tu nous parler de cette technique, pour ceux qui ne la connaissent pas?

À l'origine ce sont les écoliers genevois, qui au siècle passé cassaient leurs ardoises pour en récupérer le cadre en bois qui les entourait. Une bien jolie façon de faire l'école buissonnière! Il faut aussi savoir que Genève est le seul et le dernier canton suisse autorisant la pêche au cadre sans canne depuis les ponts de la ville.
Tout d'abord je vais vous parler de ses dimensions usuelles. La taille moyenne d'un cadre est de 30 par 15 cm mais on trouve également de plus petits ainsi que de plus grands modèles. Le bois le plus couramment utilisé est soit le frêne, soit le chêne pour sa solidité mais l'on peut tout à fait utiliser du bois prévu pour les constructions navales qui aura l'avantage d'être imputrescible. Pour ma part, j'utilise des cadres de grande taille (35-37cm par 15-18cm) pour la simple et bonne raison que j'enroule plus de fil par tour de cadre et que je lance sensiblement plus loin.
Au niveau de la technique, j'emploi un cadre en lieu et place d'un moulinet traditionnel, tout simplement pour une question de sensations car on a constamment les doigts en contact avec le fil et que l'on est son propre frein !!!
...                                                                                            Ca cadre un max !!! 
           

Tout pêcheur a sa rivière favorite, toi ton paradis s’appelle l’Allondon, peux-tu nous le faire découvrir?

L'Allondon est ma rivière de coeur, car je l'ai connue alors que je n'avais que 6 ans et je n'ai cessé de l'arpenter depuis. Malheureusement c'est un petit paradis fragile qui a subi pas moins de trois pollutions, ces vingt dernières années. La dernière en date remonte au 28 Aoùt 2001. Ci-joint le lien explicatif: www.fgsp.ch

Néanmoins, cette rivière de plaine a toujours eu une très bonne renommée malgré les diverses agressions dont elle a été victime. Le côté sombre de ces diverses pollutions réside dans le fait que la souche endémique de l'Allondon a totalement disparue. Il reste cependant une forme hybride se rapprochant étrangement de la souche autochtone. Ce cours d'eau possède également une très belle population d'ombres communs, qui sont aujourd'hui totalement protégés. Lien concernant la règlementation draconienne: etat.geneve.ch/dt/nature

C'est une rivière qui prend sa source au pied du Jura français (l'Ain) et qui se jette dans le Rhône genevois au lieu-dit, la Plaine. Les crues hivernales sont d'une telle puissance que le lit est modifié d'année en année, d'une saison à l'autre bien des postes disparaissent pour laisser la place à d'autres. En conclusion, ce petit joyau fait parti de mon être, donc je mettrai tout en oeuvre pour qu'elle soit respectée à sa juste valeur..


 


.Un bel ombre commun prit sur l'Allondon

 Le paradis à steve

.Une belle fario au cadre

 Un ombre magique de l'Allondon

Tu pêches aussi le plus grand lac d’Europe, le Léman, doté d’une très grande richesse piscicole, qu’elle pêche pratiques-tu dessus?

Le Léman, c'est le lac de tous les excès, de part sa superficie d'abord, qui en fait le plus grand lac naturel d'Europe mais aussi et surtout pour les tailles exceptionnelles qu'atteignent les carnassiers présents. Des brochets de taille record y sont capturés chaque année ainsi que d'énormes truites lacustres. C'est aussi un haut-lieu pour la pêche du corégone (Féra) qui atteint également des tailles impressionnantes. C'est un lac capricieux qui peut être "mer d'huile" et en quelques instants se déchainer suivant la force des nombreux vents qui le traversent. Les méthodes de pêche antiques que sont la traine aux écarteurs ou la pêche au tour de fond, donnent toujours de bons résultats. Mais depuis quelques années avec le développement des divers forums et réseaux sociaux via internet, une nouvelle approche à fait son apparition, la traque de messire esox aux leurres souples sur des bass boats de type américain, dotés de sondeurs qui facilitent une prospection rapide de vastes étendues d'eau. De plus ces pêcheurs "modernes" font partis de la génération "no-kill" ce qui signifie, qu'ils remettent toutes leurs prises à l'eau.

Au final les possibilités de pêche sur cette immense lac, n'ont d'égal que sa superficie extraordinaire. En deux mots, le Léman c'est géant!

 .Couché de soleil sur cette belle flaque, ça fait rêver

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Quel matériel utilises-tu pour traquer ses gros brochets?

Je pêche surtout le brochet du bord, à savoir dans les ports, entre les bateaux. Il est indéniable qu'il faut un matériel puissant devant faire face aux cordages et autres chaines présentes. C'est pour cela que je traque les brochets en "baitcast" (casting) avec une tresse puissante et un fort fluorocarbone. Pour les leurres, tout dépend de la saison, en règle générale j'utilise de gros jerkbaits et des swimbaits en début de saison, puis des leurres souples de tailles variables. Pour ce qui est de la pêche plein lac, je privilégie la pêche à la verticale et en jigging, dans des fonds variant entre 10 à 30 mètres.

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Un petit florilège des petits brochets de steve!!!

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Je sais que pour toi la pêche rime avec partage et transmission de savoir, peux-tu nous en parler?

Pour moi le maître mot de la pêche, n'est autre que le partage. Ma plus grande faculté mis à part la lecture d'une veine d'eau ou d'un poste, n'est autre que la transmission de mes connaissances aux âmes désireuses d'apprendre le plus bel art qui soit. Un exemple typique de cette réussite, c'est la fierté d'avoir transmis la pêche au cadre à mon "p'tit poulet" Thibault CASANOVA, qui aujourd'hui maîtrise cette technique genevoise ancestrale à merveille. L'aboutissement d'une vie de pêcheur, c'est la capacité de transmettre son savoir, j'ai d'ailleur plusieurs élèves en formation cette année et d'autres encore j'espère.

 .Steve et ça bande de potes où rime le partage

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