Sud de la France

Esturgeon d’un mètre à la mouche

De passage dans le Gard pour la fin des vacances, où j’ai très peu pêché. La canne commençait à être en manque dans le coffre de la voiture. Du coup pour la soulager, je décide de lui préparer une sortie sur un petit réservoir que j’avais découvert au printemps. Un lieu vraiment sympa, où je mettais éclaté en sèche sur de belles truites combatives. Cette première sortie m’avait permis de découvrir que le réservoir contenait trois beaux esturgeons d’un mètre, par crainte d’abimer le matos je n’avais pas osé les tenter. Le propriétaire du site m’avait dit que trois pêcheurs avaient déjà réussi à en ferrer, mais sans jamais arriver à en sortir un. Je mettais alors promis d’y retourner pour essayer dans faire un, chose dite chose faite. .Me voilà arrivé sur le site, je découvre alors que l’eau est vraiment teintée, du apparemment aux carpes qui fouillent le fond, la pêche à vue va donc s’annoncer compliquer. Je pêche une bonne heure en nymphe, sèche, sur les quelques poissons que je vois en surface, avec de bons résultats. J’aperçois de temps en temps des grosses taches noires collées sur le fond qui se déplacent, ça sent le caviar. .

Je décide de monter une grosse nymphe lourde, après plusieurs tentatives, sans résultat. Ils sont malins les bougres, j’avais surtout du mal à voir ma nymphe, vu la couleur de l’eau, des fois je ne savais pas si je lançais devant la gueule ou la queue du poisson. Le bordel quoi !!!

Je retourne alors m’amuser sur quelques truites sur l’îlot centrale du réservoir, jusqu’au moment où j’aperçois un gros esturgeon le long de la berge d’en face, l’eau est plus clair. C’est ma chance, j’enfile vite une pointe en 16 ct, oui je sais c’est un peu léger, mais c’est le plus gros que j’avais… J’opte pour un streamer assez fin mais lourd, je lance alors à trois mètres devant le poisson à l’endroit où j’espère qu’il passera. Le streamer se pose sur le fond, le poisson arrive pile dessus, petite animation, aspiration, ferrage, pendu, non de dieu !!!

Sans suit un rush de dingue, je me dis alors qu’avec ma pauvre 9 pieds soie de 5, je ne pèse pas lourd, va falloir vite abréger le combat. Le problème c’est que mon épuisette est bien évidemment trop petite et le seul moyen de le sortir à la main est de l’emmener dans l’anse, au fond du réservoir. Va falloir ruser, j’arrive tant bien que mal à lui faire prendre la bonne direction. Et au moment où je suis sur la passerelle pour retourner de l’autre côté, il en profite pour passer dessous. Je suis coincé comme un con sur la passerelle, la soie file entièrement dessous, je le bride à mort, la canne est à la limite de la rupture. Après quelques secondes, qui durent des minutes, il décide enfin de faire demi-tour. Cette fois je peux enfin traverser sans encombre.

.La fameuse passerelle

Il reste un dernier obstacle à passer, une barque qui sert à laver le fond du réservoir muni de griffe, aie, aie !!! Au vu de la barque, il essaie de s’enfiler dessous, je suis obliger de monter dessus pour lui en dissuader, sans suis une belle chandelle, pas content le coco. Il a alors la bonne idée d’aller se coller au fond de l’anse, seul problème la barque se casse avec moi dessus. Je tente alors un triple saut à la Teddy TAMGHO, qui me sauve d’un voyage au milieu du plan d’eau. .

A gauche, la barque où il a voulu me la faire à l'envers

Me voilà enfin dans l’anse, je le bride toujours comme un fou, j’ai franchement l’impression d’être accroché à un Saint Bernard avec une laisse pour yorkshire. Pendant plusieurs minutes, il suce le fond comme un barbeau en essayant de filer dans les roseaux. Et subitement, il dépose les armes, je l’emmène tant bien que mal près du bord, il est cuit. Au moment où je le sors de l’eau, le streamer se décroche tout seul, ouf c’était limite. Il m’en aura fait voir de toutes les couleurs, j’ai eu beaucoup de chance de le sortir, vu le matos que j’avais entre les mains. Du pur bonheur, un poisson magnifique, mon premier esturgeon, métré en plus, après quelques photos je le remets vite dans son élément..

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Pour se rendre compte de la puissance du poisson, y'a cas voir la taille de la nageoire pectorale

.Une vrai tête de dinosaure

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L’après midi se termine après ces belles émotions et la rencontre de Rémy LOYE, un pêcheur d’une grande gentillesse, rencontré auparavant sur les réseaux sociaux, le monde est petit.

Les vacances se terminent bien, il est temps de rentrer dans la Yaute…

 

 

 

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